Ce soir à Villeurbanne, avec les habitants, j'étais fier de ma ville.

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Ce soir à Villeurbanne, avec les habitants, j'étais fier de ma ville.

Fier de voir des voisins, des jeunes, des anciens, des familles, toutes les couleurs, tous unis contre la discrimination, contre le racisme qui tue.

Mais en même temps, j'avais l'espoir devant moi et le désespoir derrière moi. C'est très difficile de croire qu'en France aujourd'hui, en 2026, on tue quelqu'un parce qu'il est Noir.

Comment est-ce possible? Comment en est-on arrivé là?

Ce que nous avons vu à Trappes n'est pas un fait divers. C'est du terrorisme raciste. Comme le dit le maire de Trappes, Ali Rabeh : "Les gens qui ont été visés aujourd'hui auraient pu être ma mère, mes frères, mes belles-sœurs." 

La haine vient d'en haut. Elle s'installe dans les mots, dans les discours qui disent que tous les maux de la société seraient la faute des Arabes ou des Noirs. Et ensuite, un homme désocialisé prend une arme et tire.

Ce soir, devant la mairie de Villeurbanne, nous avons dit : ça suffit.

Nous avons rendu hommage à Pengo. Nous avons pensé à sa famille, à ses amis, à cette fillette de 12 ans qui se bat pour vivre. Nous avons pensé à tous ceux qui ont peur ce soir parce qu'ils sont racisés.

Le racisme n'est pas une opinion. C'est un crime. C'est un poison qui tue.

Villeurbanne est une ville de résistance, de fraternité, de tolérance. Et ce soir, elle l'a montré.

Nous ne laisserons pas la haine gagner. Nous ne laisserons pas la France devenir un pays où l'on meurt parce que l'on est Noir ou Arabe.

Plus jamais ça.

Shoki ALI SAID